| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Il ne manque pas, au cours des derniers siècles, de témoignages de personnes demeurant au nord de la commune de Champfromier (La Combe d'Evuaz) et se sentant plus proche de La Pesse (département du Jura) ou même de Chézery, que de Champfromier. Mais les demandes de détachement et de rattachement aux autre communes voisines furent toutes sans effet...
Quand en 1864 on habite Chalam, les Magras ou les Ramas, on a beau être sur le territoire de Champfromier, il est tentant, voir ordonné de pratiquer la religion à Chézery ! Voici à ce sujet un échange de correspondance entre le curé Neyroud de Chézery et le représentant de l'évêque :
"Décision de l’autorité diocésienne, à l’égard de quatre maisons de la commune de Champfromier situées, deux à Magraz ou Chalam, et deux au Ramaz, au pied du crêt de Chalam, adjointes à la paroisse de Chézery. Ces quatre maisons ont je crois, toujours été desservie par Chézery, mais un jeune homme, fils de la veuve de Roland Blanc, Edouard Ferdinand Blanc, mal conseillé, étant allé se faire annoncer pour son mariage dans la paroisse de Champfromier et non à Chézery, sa paroisse, j’ai exposé le fait à Mgr l’évêque, ainsi que l’usage antique établi pour cette maison et les trois autres et la nécessité où ils sont pour se rendre à Champfromier de passer près l’église de Chézery. J’ai prié sa grandeur de rendre une ordonnance pour fixer définitivement à quelle paroisse doivent appartenir ces quatre maisons."
Et voici la réponse que m’a faite au nom de Mgr de Langalerie, le vicaire général, M. Bertrand.
"Belley le 19 octobre 1864. M. le Curé, considérant la difficulté que les habitants des quatre maisons des lieux-dits Magraz et Ramaz, au pied du crêt de Chalam, auraient à se rendre à Champfromier, leur commune.
Considérant en 2e lieu qu’il a été d’usage jusqu’à présent que les habitants ont fréquenté les offices et fait leurs Pâques à Chézery, sa grandeur, Mgr l’évêque vous autorise à leur continuer vos soins, qu’ils soient considérés comme paroissiens de votre église.
Vous pourrez en avertir M. le curé de Champfromier et les habitants de ces maisons afin que leur conscience puisse être tranquille.
Si vous voulez une ordonnance en forme, elle vous sera envoyée ; mais il ne me semble pas que la chose soit nécessaire. Recevez… etc. Bertrand Vicaire Général. Pour copie conforme, le 22 octobre 1864 [Signé : Neyroud, curé]" [AD01, Arch. Paroiss., Chézery, 1E2].
Cette demande (sans date, mais assez récente), adressée au préfet par ceux de la Combe d'Evuaz, semble n'avoir été qu'un brouillon. Mais à travers ses arguments ironiques, on ressent bien l'agacement des gens de ce lieu, éloigné de tout par rapport à l'administration de Champfromier...


Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : Ursula Rhyner.
Première parution le 08/12/2021. Dernière mise à jour de cette page, idem.